jeudi 18 décembre 2014

#18 Réflexions du moment


Non, pas de recettes du temps des fêtes. Pas de spécial Noël. Pas de spécial dinde ou buche de Noël. Il y a beaucoup d’autres endroits où vous trouverez mieux pour cela. De plus, il n'y aura pas de grands buffets ou de grandes tablées cette année non plus. Étant toujours en recherche d'emploi, les festins des fêtes se feront avec parcimonie cette année encore. Tout comme le furent les derniers mois. Non pas que la nourriture se fit rare, mais bien que nous avons dû user de notre savoir-faire pour faire plus et mieux, avec moins ou peu. C'est dans ces moments que je remercie mon savoir-faire et mon aisance dans la cuisine et lors de ces activités connexes.

En fait, je crois que j'avais abordé le sujet lors des premiers messages, soit l'importance de se débrouiller dans la cuisine. De posséder un minimum de savoir et de connaissances vous permettant d'être à l'aise dans la cuisine et d'ainsi pouvoir maximiser l'ensemble des aliments. Je dis « savoir », mais je ne prétends rien ici, je devrais plutôt parler de « connaissances ». Car c'est en fait de ce qu'il s'agit, d'accumulation de « connaissances » afin de se construire un « savoir » qui nous permettra de bien planifier et préparer les repas, tout en le faisant avec qualité et plaisir. Comment bien manger, en maximisant l'utilisation des aliments. En ayant une alimentation dite « santé », du moins en prenant soin de faire quelques bons choix. Le tout en apprenant comment apprêter ces aliments, comment les rendre savoureux et de retirer du plaisir à le faire et à les savourer. Et comme je ne suis pas nutritionniste non plus, je n’y ferai aucune présomption. Simplement un peu de savoir et de débrouillardise.

En fait, c'est rassurant de savoir que l'on peut s'organiser avec peu, bien manger et à satiété. C'est un peu toujours le même principe, il s'agit de bien utiliser une base et d'évoluer ensuite autour de celle-ci. Ici, le tout tournait principalement autour d'une viande principale pour la semaine (poulet, dindon, jambon, rôtis, cubes...) peut importe laquelle. De sa cuisson, en plus de la pièce elle-même, on en retirera probablement un bouillon, des os et autres composantes. Habituellement, je choisis une pièce de viande plus grosse, ou un poulet entier par exemple, afin justement de pouvoir en avoir pour une partie de la semaine. Lors de la cuisson initiale, j’accompagnerai le tout de patates, carottes… en plus grande quantité que pour ce repas. Le surplus de légumes servira aussi pour au moins un ou deux autres repas. Nous pourrons les transformer à souhait pour apporter un peu de variété. Ensuite, mes accompagnements de la semaine varieront entre les pâtes, riz, couscous… Je pourrai justement utiliser mon bouillon de cuisson de ma viande pour cuire le riz par exemple. Cela lui donnera beaucoup plus de goûts et en modifiera aussi la texture. Le riz deviendra gorgé de bouillon, onctueux, plein de saveur.
Avec les os et autres résidus de cuisson de ma pièce de viande, je placerai le tout dans un chaudron avec de l’eau et j’y ajouterai un oignon et toute autre retaille de légumes que j’aurai conservée. Laissez bouillir le tout un certain temps et vous voilà avec une base de soupe, délicieuse et onctueuse. Ne suffit que de le passer à la passoire ou au tamis et utiliser ce bouillon pour faire votre soupe. De là, à vous d’ajoute ce que vous souhaitez pour la soupe. Légumes, riz, nouilles… En début de saison automnale, j’ai surtout fait des potages à base de courges. J’ai utilisé différentes variétés, souvent mélangées les unes avec les autres. J’ajoutais parfois des carottes ou patates douces. Après la cuisson, je passais le tout au robot et assaisonnais à souhait et voilà, un potage exquis. Par la suite, je me suis tourné vers l’orge. Je prenais donc mon bouillon de base que nous venons de décrire, j’y ajoutais souvent un oignon haché finement et l’orge. Je laissais cuire une bonne vingtaine de minutes. Après j’ajoutais soit des carottes et céleris tranchés finement, soit du riz, du quinoa, ou nouilles à soupe et laisser mijoter encore une quinzaine de minutes. Assaisonnez/épicez au goût, en ne craignant ni les mélanges, ni les essais.

Alors nous avons donc une viande principale qui fera de 2 à 3 repas. Des légumes pour le premier et 1 ou 2 autres. Parfois je ferai une viande secondaire, ou un riz ou des pâtes aux légumes. J’opterai aussi, à l’occasion pour le tofu comme complément à une préparation. Voilà donc mes soupers complétés. Pour les midis, à la maison ou pour les lunchs, j’ai ma soupe qui fera 2 ou 3 midis. J’accompagnerai le tout d’un petit pain (maison), d’une fajita, de biscuits… et de quelques crudités. Pour les midis restants, je ferai un midi-sandwich lors duquel je varierai, d’une fois à l’autre, entre pain tranché, pain pannini/kaiser ou autre pain, fajitas… L’idée étant de ne pas toujours faire la même chose. Pour les préparer, j’utiliserai soit mon poulet, jambon ou autre viande disponible. Le midi restant je servirai soit une salade, salade de riz ou de pâtes ou autre « spécialité » du moment. Les options et les combinaisons sont très nombreuses. Mais toujours à partir du même noyau d’aliments de ma semaine.

1 pièce viande principale
Légumes cuits initialement (patates, carottes, brocoli…)
Pâte
Riz
Soupe

Avec une bonne planification des achats, n’hésitez pas à regarder sur internet les circulaires des supermarchés afin de voir où sont les spéciaux de la semaine pour la viande ou la volaille qui vous satisferont le plus. Je fais de même pour certains achats récurrents, mais dispendieux, tels beurre arachides, yogourt… En ayant votre pièce principale, vous pourrez développer le menu du reste de la semaine et faire les achats en conséquence. Ayez toujours en réserve des pâtes, riz, couscous, patates, carottes, pois et maïs surgelés, œufs, farine, légumineuses. À chaque fois que vous en utilisez, inscrivez-le sur une liste et regarnissez votre réserve. Vous pourrez dès lors faire face à vos semaines, à moindre coût et avec une grande satisfaction de goût et de qualité.

Comme je le mentionnais plus tôt, je suis sans travail actuellement, le budget est donc plus que limité. Pas contre, j’ai pu, avec ces bases, faire les repas et adapter le tout à la situation, sans que personne ne manque de nourriture ou ne soit pris par la faim. Le tout en conservant une qualité alimentaire et un extra du côté de la saveur. Oui, parfois la variété aura été un peu plus limitée, mais comme chaque recette n’est jamais faite exactement de la même façon, que l’utilisation des épices peut varier d’une fois à l’autre, et bien pour un « même repas » vous pourrez atteindre une certaine variation dans la présentation et la saveur. Tout le monde a bien mangé. Tout le monde a pu consommer des aliments ou des repas « santé ». Je dis ici « santé » en opposition à tout repas acheté préparé dans un commerce de surface, repas surgelé ou livraison. Je le dis aussi dans le sens de repas préparé à la maison qui contient que les ingrédients que nous y avons mis et que nous connaissons. Et le tout avec un budget contrôlé et réduit. En profitant des rabais offerts en épiceries et des spéciaux de la semaine, j’ai même pu me constituer une réserve qui me sera bien utile lorsque je devrai encore plus diminuer les dépenses d’épicerie et qui me servira également pour la période des fêtes qui arrive. En exemple, en surveillant adéquatement, les dindes, dindons, jambons, poulets se trouvent facilement à moitié prix ces temps-ci. La période des fêtes est propice aux spéciaux et aux rabais appréciables sur certains aliments, en autres, les pièces de viande, surtout porc/poulet/dinde. Les rabais sur le bœuf sont plus rares. Et le coût du bœuf en général est beaucoup plus important que les autres. De là, selon les aliments, soit que vous faites, ou maintenez, congelé. Ou pour d’autres aliments, vous faites cuire et congelez par la suite. En temps et lieu, ne restera qu’à sortir le tout et apprêter selon l’envie du moment.

Alors voilà pour mes réflexions du moment. Je demeure convaincu de l’importance à être fonctionnel en cuisine, de posséder la base nécessaire pour l’être. Je dénote aussi, bien malheureusement, qu’il s’agit là d’une tare assez répandue. On dirait que de plus en plus, les gens ne veulent plus prendre le temps de cuisiner, ou d’apprendre à le faire. On dira qu’ils n’ont pas le temps, que c’est trop compliqué… Et pire, ils se tourneront alors vers du tout-préparé de grande surface, dont à piètre qualité et coût élevé. Ce qui en réalité est totalement faux. Lorsque l’on apprend et possède les bases, ce n’est ni compliqué et nous ne pouvons utiliser le prétexte de ne pas avoir le temps. Des repas bien planifiés ne demanderont pas trop de temps que vous en avez. Suffit par contre de prioriser certaines choses, dont le bien-être alimentaire de sa famille. Oui cela demandera un minimum d’efforts au début, mais rapidement, cela ira de soit, vous mangerez bien, mieux, aurez de la qualité dans votre assiette, à moindre coût, avec des aliments sains, avec des ingrédients bien dosés (diminution assurée de l’apport sel/sucre), aurez le plaisir de cuisiner ensemble et développerez la fierté de vos réussites. Du moins, moi je le suis.

À bientôt.




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